1000 jours en mars

luttes / avenirs

Le 31 mars 2016 au soir, la Nuit Debout a pété les calendriers. Depuis, le mois de mars s’étire. Personne pour prédire jusqu’à quand il durera.

« 1000 jours en mars » est un projet d’écriture à mille mains, une fabrique bricolée de mille futurs possibles.

– Choisissez une date, entre demain et le 1000 mars 2016.
– Écrivez ce qui s’y passe, comment on y vit, ce qui a changé ou est resté le même.
– Signez de votre nom réel, imaginaire ou inexistant.
– Postez le texte sur https://1000.zanzibar.zone, envoyez-le à 1000joursenmars@zanzibar.zone, partagez-le sur la page facebook : 1000 jours en mars
(- Dès que l’outil sera en place (c’est en cours de bricolage), on rapatriera le contenu du pad « au propre » pour ceux qui veulent juste lire)
– Le contenu du pad sera épisodiquement rapatrié [ici], pour vous permettre de retrouver, au fil du projet, de quoi nos demains seront fait

« 1000 jours en mars » invite à imaginer collectivement les un-peu-moins de trois années qui arrivent. C’est de la science-fiction, en prise directe avec le réel. Un endroit où formuler des espoirs, des attentes, des craintes. Où se raconter puis raconter aux autres les histoires de ce qui va se passer.

Si vous êtes aux Nuits Debout qui existent déjà, ou si vous prévoyez d’en monter de nouvelles, on va essayer de créer un kit pour des ateliers « 1000 jours en mars » sur les places occupées, avec papier de bois, crayons de papiers et petits cris d’encouragement.

1000 jours en mars est lancé par le collectif Zanzibar. Tout ce qui retombe vous appartient. Si vous savez quoi en faire, prenez-le sans demander : il n’y a rien à voler.

ta vitesse plafond

1. Alice, 22 ans
2. Titus, 24 ans
3. Félix, 19 ans
4. Luce, 21 ans

Se détendre les poings, en rupture de songe sédentaire, pour un trépignant vis-à-vis avec l’idée, ainsi qu’une envie prend ou bouger : mais la génération semble peu agitée, outre le désintéressement politique, du souci d’extravaguer du corps. Excepté la monotonie, certes, d’enrouler, entre les jarrets, sur la chaussée, selon l’instrument en faveur, la fiction d’un éblouissant rail continu.

Stéphane Mallarmé, l’action restreinte

Zanzibar au Shadok

Zanzibar a produit deux fictions pour un évènement le 9 décembre 2015 au hackerspace de Strastbourg.

Elles ont aimablement été mises en page:
format web,
format livret (à imprimer et plier vous même).
par Nicolas Chesnais, qu’il en soit remercié.

L’ensemble de la conférence ainsi que l’intervention du camarade Léo (vers la minute 56) et la lecture des textes peuvent-être observés ici.

Voici les premiers mots de chacun des textes.

Ce matin comme chaque jour je me suis réchauffé un café, j’ai rapatrié mes mails et lancé facebook pour prendre connaissance des activités de la nuit.
La première publi recommandée était une Vidéo Propriétaire Personnalisable postée par Stéphane la veille depuis le concert des Tindersticks. Sans la faire jouer, j’ai approuvé le post à hauteur de cinq sur cinq et tapé le commentaire suivant  :
«  Ils déchirent en live. Super souvenir d’il y a deux ans.  »
Avant que je n’aie pu cliquer sur ENVOYER, la chaîne de mots
il y a deux ans s’est retrouvée sous-ligné d’une fine vaguelette jaune d’or. (…)

 

Correction automatique

 

Wilhelm est un ami, il travaille pour Link, bureaux européens. Mi-décembre, en rentrant chez lui, il a trouvé le corps de Syd dans leur chambre, yeux écarquillés, muscles raidis, ni pouls ni respiration, une collection d’emballages de pilules de blue shock près de lui. Le blue shock est une drogue récréative provoquant des altérations du système nerveux pour amplifier les perceptions, Syd la consommait en quantités excessives. Les flics ont dit que ce n’était pas un suicide, juste une « simple » overdose, ils ont quand même ouvert une enquête pour trafic de stupéfiants mais Wilhelm n’a pas été inquiété. Les flics, les médecins, les pompes funèbres, Wilhelm a tout assumé tout seul. Nous avons fait ce que nous avons pu pour l’aider. Syd a été incinéré en ville, ses cendres dispersées sur le lac. Le blackout sur sa mort n’avait pu être complet et quelques centaines de fans de Black Swan étaient présents. La plupart n’y croyaient pas, pensaient à une tentative de buzz un peu sordide.

L.I.N.K
Vous êtes intéressé(e) ?
Adressez votre demande à : contact@zanzibar.zone

Fictions – 1er round

Trois fictions écrites sous le nom de Zanzibar. Dans la première, on est avec des animaux. Dans la seconde, on rampe sous la surface. Dans la troisième, on visite une communauté alternative.

Ces fictions sont disponibles pour publication.

L’orang-outan empaillé pourrit dans la cabane de la vieille mère. La couture en Y qui lui fermait le torse s’est débinée point à point et la bourre bave par les fissures : une paille vieille, presque noire et inodore, qui n’attire plus que moucherons et fongus. L’œil unique de verre orange glisse doucement hors de l’orbite. Ce n’est plus une statue, ni une sculpture, mais un cadavre à nouveau, deux siècles et demi après sa mort, hybridé de toutes sortes de produits artificiels qui, eux aussi, finiront par se déliter et se mêler au sol. Simet écoute Ama’mam qui ne dit rien. La mère, de temps en temps, touche le bras rigide du singe pour le caresser à rebrousse-poil. De toutes petites poussières s’élèvent et tourbillonnent.

Zanzibar – Écouter plus fort



La nuit s’achève. J’ai bien dormi. Aucun hurlement, sur aucune fréquence. Je tourne encore le dos aux étoiles. Sur ma peau, le lent réchauffement du sol, zébré de larves et de lombrics, écran vivace camouflant ma présence dans la terre du sous-bois. Paupières closes. J’écoute les grincements sourds, contre ma joue, de l’if qui me couvre, des feuilles insouciantes jusqu’aux racines. Leur cadence, leur amplitude, me confie qu’il va faire beau, à la surface, qu’un vent léger brasse les cimes et que l’ennemi n’est pas là. Tout va bien. Ŝirmi m’a appris à m’en satisfaire. J’ai encore plusieurs minutes avant de bouger.

Zanzibar – Pourquoi nous rampons sous la peau du monde

 

La fille entre dans le bar, consulte son cell, rit toute seule. Elle est petite, les cheveux très courts décolorés, Carlo la repère tout de suite, il a l’œil pour les nouveaux venus. A mieux regarder, dire la fille est un peu exagéré. Elle s’habille jeune, mais son visage et ses yeux trahissent son âge.
« Excusez-moi, je suis en retard, je n’ai pas pu vous appeler, et puis ce n’est pas triste de se garer dans le quartier. Finalement je suis venue toute seule, mon collègue arrivera plus tard… peut-être. S’il arrive à poser la voiture à un endroit où on ne nous la démolira pas. Sale quartier. Donc, c’est ça, le Posilippo ? »

Pausilippe